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Sénégal : un vaste ensemble de résidences étudiantes pour l’UCAD en 2019

By   /  June 7, 2018  /  No Comments

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La cinquième université publique du Sénégal, l’Université du Sine-Saloum El Hadji Ibrahima-Niasse (Ussein) démarrera ses enseignements à la rentrée d’octobre avec une première cohorte de 2 000 étudiants.

Université du Sine-Saloum El Hadji Ibrahima-Niasse (Ussein)

La direction de l’Université du Sine-Saloum El Hadji Ibrahima-Niasse (Ussein) est formelle : le cinquième établissement d’enseignement supérieur du pays ouvrira bel et bien ses portes à la rentrée prochaine, dans un climat récemment marqué par des manifestations étudiantes sur l’ensemble du pays. « Les infrastructures sont disponibles pour la première année qui souvent, est constituée de troncs communs. Pour ce qui concerne les hébergements, des dispositions sont prises pour loger au moins 30 % des étudiants, ce qui est une première pour une université au Sénégal », révèle Mouhamadou Moustapha Goudiaby, chargé de la communication de l’université.

Pour cette première année, 2 000 étudiants seront accueillis à l’Ussein. À terme, ils seront 30 000, d’après les prévisions. Instituée par décret en janvier 2013, l’Ussein, multicampus, est implantée sur cinq sites répartis entre les quatre régions centrales du pays que sont Kaolack, Fatick, Kaffrine et Diourbel. Des services de l’État ont mis à disposition des locaux neufs pour un démarrage dans les villes de Fatick, Kaolack et Kaffrine.

Éclatement des sites

La stratégie d’éclatement des sites s’inscrit également dans le sillage d’une volonté d’un meilleur équilibre dans la répartition spatiale des
établissements et des effectifs universitaires du pays. Jusqu’ici, hormis celle de Bambey, dans la région de Diourbel (centre), les trois
grandes universités publiques sénégalaises sont installées sur la façade atlantique : à Dakar, Saint-Louis et Ziguinchor. Cette localisation entre plusieurs régions « permet en outre au gouvernement du Sénégal d’apporter une réponse appropriée aux besoins de développement de quatre régions nourricières du Centre par la valorisation de leurs ressources et de leurs atouts. Grenier du Sénégal, le bassin arachidier pourra enfin disposer d’une université à vocation agricole et métiers connexes », analyse Mouhamadou Moustapha Goudiaby.

Y seront enseignées les filières liées à l’agriculture et l’élevage, y seront enseignées telles que l’agronomie, la nutrition, l’agro-alimentaire, la gestion des ressources halieutiques, la pêche, l’aquaculture, etc. Les métiers liés au tourisme, à l’hôtellerie, la gastronomie,
l’hydraulique, les énergies renouvelables, l’environnement, la biodiversité, au développement durable… figureront également, selon les
autorités, en bonne place dans les programmes de la nouvelle université. À ce titre, le choix de la région de Fatick semble judicieux tant elle offre d’importantes potentialités écotouristiques, dans le département de Toubacouta, en particulier.

Une centaine d’enseignants-chercheurs

Des enseignements touchant aux sciences fondamentales et appliquées (maths, physique, chimie, informatique, etc.), sociales (communication, sociologie, histoire, etc.), juridiques, économiques, de gestion y seront aussi dispensés. Au total, pas moins de trente-quatre licences professionnalisantes seront proposées en six semestres au sein des onze unités de formation et de recherche (UFR).

« L’Ussein entend ainsi répondre à l’adéquation formation-emploi et à la demande de l’employabilité des jeunes diplômés, tout en développant leur esprit d’entreprise », explique M. Goudiaby.

Pour la première année, une centaine d’enseignants-chercheurs viendront du Sénégal et de l’étranger (Afrique, Amérique du Nord, Asie, Europe), contre environ 1 200 lorsque l’institution aura atteint sa vitesse de croisière. Le processus de recrutement est en cours et plus de 800 candidatures issues du pays et de sa diaspora seraient déjà enregistrées.

Les travaux des infrastructures pédagogiques, administratives et sociales devront coûter, au total, 132 milliards de francs CFA.

Sénégal : un vaste ensemble de résidences étudiantes pour l’UCAD en 2019

Confrontés depuis des années à des problèmes de logement, les étudiants de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar vont bénéficier de nouvelles résidences à partir de 2019. Le projet immobilier prévoit d’héberger 20 000 étudiants pour répondre à la très forte demande.

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Héritière de l’École coloniale de médecine de l’AOF, l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) abrite aujourd’hui de nombreuses facultés, des lettres aux sciences en passant par le droit et l’économie. Au total, ce sont près de 90 000 étudiants issus de toute l’Afrique de l’Ouest qui naviguent dans les allées de cet établissement reconnu pour ses enseignements de qualité. Mais le point noir reste la question du logement. La majorité des étudiants peine en effet à trouver un toit convenable et bon marché. Le niveau élevé des loyers à Dakar place de nombreux étudiants dans des conditions de vie très difficiles, générant des tensions et autres impacts négatifs sur leurs performances scolaires. C’est dans ce contexte qu’une vaste opération immobilière dénommée « Campus Sociaux d’Excellence Dakar » est en cours. D’un montant total d’investissements de 52 milliards de FCFA, celle-ci a pour objet la réhabilitation de 17 pavillons existants et la construction de 27 nouveaux bâtiments sur les trois campus de l’UCAD.

« Des conditions de vie pénibles »
Ces travaux vont porter la capacité d’accueil du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) à 20 000 lits, contre à peine 4 500 actuellement. Chaque chambre pourra loger six à huit étudiants, à l’exception des deux bâtiments destinés aux étudiants doctorants qui seront composés de chambres de 4 étudiants. Par ailleurs, 5 % du total des chambres accueillera les personnes à mobilité réduite. Les rez-de-chaussée seront quant à eux ponctués d’espaces collectifs (laverie, lingerie, salon privé, locaux associatifs…) et d’aménagements paysagers. « C’est un projet qui vient à son heure. La réputation de l’UCAD en termes d’excellence ne rime pas avec certaines conditions de vie pénibles que vivent les étudiants. Chaque année, le nombre d’étudiants augmente et avec eux les besoins », observe Mame Bousso Mbaye, qui suit un master en administration culturelle. « Trouver un logement adéquat est compliqué. Cela dépend de la situation économique de ta famille et de ta capacité d’adaptation », renchérit Mouhamed Dièye, en master 2 biologie végétale.

Le prix des loyers bientôt en baisse
À court terme, ces résidences universitaires devraient avoir pour effet de faire baisser le prix des loyers des quartiers situés autour de l’université. « La dimension du projet va permettre de donner aux étudiants un meilleur pouvoir d’achat et une conséquence directe sur le prix des loyers dans les quartiers de Mermoz, Fann Résidence et Point E », explique Frédéric Tron, en charge de Redman Afrique, maître d’ouvrage délégué au côté d’AMSA Realty. Pour l’heure, chacun fait comme il peut. Depuis plusieurs années, les conditions d’hygiène et la promiscuité sont de plus en plus difficiles à supporter. L’élite africaine s’entasse, sans parler des interminables files d’attente pour manger le thiéboudienne au restaurant universitaire. « Pour une chambre au COUD de l’université, il faut compter 3 000 FCFA le mois par personne. Pour la restauration, le petit-déjeuner est à 75 francs et les deux autres repas, 150 francs chacun, ce qui fait 375 francs par jour. Sinon il y a des étudiants qui co-louent des chambres dans les quartiers aux alentours de l’université jusqu’à 30 000 FCFA le mois », poursuit Mame Bousso Mbaye.

Surpopulation
L’amélioration des conditions d’accueil et de vie des étudiants fait en tout cas partie des priorités du gouvernement Sall à travers la mise en place de son Plan Sénégal Émergent. De nombreux cabinets et bureaux d’études français et sénégalais ont apporté leurs expertises sur la dimension environnementale de ce projet de résidences étudiantes qui vise une certification HQE. Les bâtiments du campus social UCAD seront livrés début 2019. Quant aux autres, répartis entre le campus de l’École supérieure polytechnique et le campus social Claudel, ils le seront à l’horizon 2021. Mais pour beaucoup d’observateurs, ces nouvelles résidences ne restent qu’une seule alternative à l’heure où l’UCAD souffre de surpopulation. À l’instar de Mouhamed, nombreux sont ceux qui seraient favorables à la naissance d’autres centres universitaires à travers le Sénégal et désengorger ainsi l’UCAD. Son recteur, le professeur Ibrahima Thioub, vient d’annoncer la nécessité de la mise en place d’un plan stratégique 2018-2022. Ce dernier souhaite prendre en compte toutes les préoccupations. En jeu, notamment, l’employabilité des étudiants.

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  • Published: 5 months ago on June 7, 2018
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  • Last Modified: June 7, 2018 @ 12:21 pm
  • Filed Under: Sénégal

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