Loading...
You are here:  Home  >  AFRIQUE DE L’OUEST  >  Mali  >  Current Article

Mali: plus de cent morts dans un massacre dans le village peul d’Ogossagou

By   /  March 24, 2019  /  No Comments

    Print       Email

Cheick Harouna Sankaré est le maire d’une commune voisine du village où le massacre a eu lieu, dans le centre du Mali. Comme d’autres, bouleversé, il décrit la scène. Tôt ce samedi matin, des hommes armés débarquent dans le village d’Ogossagou, non loin de la ville de Bankass, « massacrant plusieurs dizaines de civils peuls ».

Un autre élu donne des détails. Le chef de village, Amadou Belko Bari est « tué devant sa mère » qui sera, à son tour, « exécutée ». Un chef religieux local, Bara Sékou, a également « été tué ». Dans la furie, les assaillants n’épargnent personne… ni les femmes, ni les enfants, ni les jeunes, ni les vieillards, tous de la communauté peule.

Le village a été surpris par des hommes habillés en tenue de chasseurs traditionnels, témoigne un habitant. « Dans ma famille, poursuit-il, près de vingt personnes ont été tuées, des gens brûlés, des personnes jetées dans un puits ». « J’ai vu des gens en flammes », déclare un autre témoin, dont les propos sont rapportés par une source crédible.

Et comme s’ils s’étaient bien préparés, alors qu’un groupe tuait sans discernement, un autre groupe d’assaillants habillés en chasseurs traditionnels mettait le feu aux cases. Selon des sources concordantes, le dernier bilan fait état de plus de 100 morts.

Le village a été attaqué par des chasseurs des milices armées de Dan nan Amassagou, dirigées par Youssouf Toloba. Quand ils sont arrivés dans le village, ils ont commencé à tirer sur la population civile. Ils ont découpé à coup de machette des femmes. Des femmes enceintes ont été éventrées. Un jeune du village a été présenté devant sa mère, ils l’ont assassiné devant sa mère et puis ils l’ont assassinée. Pour le moment, jusqu’à 16h, nous avons compté 115 corps trouvés. Nous sommes en train de chercher d’autres corps. Nous avons 70 cases incendiées, 80 greniers brûlés. C’est une situation très très inquiétante. L’Etat malien doit tout faire pour mettre fin à ces tueries.
Témoignage de Cheick Harouna Sankaré, maire de la localité voisine de Ouenkoro

Après Ogossagou, les assaillants sont allés deux kilomètres plus loin dans le village de Welingara. Quasiment tout le monde avait fui, mais les quelques personnes restées sur place, dont une femme très âgée, ont également été tuées.

Autres victimes de l’attaque, des jeunes peuls, ex-jihadistes ou pas, qui souhaitaient intégrer le Processus désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) et qui se trouvaient sur les lieux.

Après les événements, sur place, les civils peuls vivent la peur au ventre. Par exemple, certains habitants du quartier peul de la localité de Bankass ont demandé aux autorités locales de les aider à rejoindre le sud du pays.

Un détachement de l’armée était sur place samedi dans l’après midi. Dans un communiqué, le gouvernement condamne « un acte odieux » et s’engage à « traquer les auteurs de cette barbarie d’un autre âge ». Sur cette lancée, les autorités annoncent l’ouverture d’une enquête « pour déterminer les circonstances de ces crimes ».

    Print       Email
  • Published: 4 weeks ago on March 24, 2019
  • By:
  • Last Modified: March 24, 2019 @ 1:38 am
  • Filed Under: Mali

Leave a Reply

You might also like...

1205923-000_16v48v

Au Mali, l’escalade vers le «nettoyage ethnique»

Read More →